Quand une interview sur le développement de Divinity fait exploser les réseaux, chaque mot compte. Derrière le succès de Baldur’s Gate 3, Larian doit rassurer les joueurs : l’IA ne va pas avaler le talent humain.
Rencontre avec Mathieu*, lead artist concept chez Larian Studios, qui revient sans filtre sur la tourmente, la place des artistes et ce fameux spectre de l’IA générative.
Sommaire
La pression après Baldur’s Gate 3 est-elle un fardeau ou un moteur ?
Mathieu* : Le succès, c’est motivant, mais franchement, c’est aussi lourd à porter.
Les attentes autour de Divinity sont vertigineuses. On se sent observés : chaque choix, chaque outil utilisé, tout est analysé par la communauté.
Ça bouscule ! Mais on garde à l’esprit que l’humain reste le cœur de notre création.
L’IA générative a déclenché un bad buzz chez les fans. Quelle est votre réalité en studio ?
Mathieu* : Honnêtement, dans notre flux de travail, l’IA n’entre qu’en support.
On l’utilise pour lister des idées visuelles ou s’inspirer au stade des premières recherches.
Le concept final, les persos principaux, tout passe par nos mains, nos crayons jamais par une machine qui déciderait à notre place.
Comment réagissez-vous face aux critiques sur une possible disparition des métiers créatifs ?
Mathieu* : Je comprends la peur nous-mêmes, on ne veut pas disparaître ! La transparence du studio, c’est vouloir montrer qu’une IA n’écrit pas l’histoire à notre place.
On reste en recrutement, on n’a jamais remplacé un artiste par une machine.
« L’IA n’effacera jamais le regard, la patte, les faiblesses et la sensibilité humaine. Elle ne fait que prolonger notre brainstorming dans les phases de rush. »
Que diriez-vous à ceux qui voient l’IA comme une menace directe ?
Mathieu* : Je leur dirais d’observer le travail d’équipe : sur Divinity, on est 72 artistes et 23 concept artists.
L’IA ne fait pas les choix ni les images finales, elle suggère juste des directions.
On en discute, on trie, on passe derrière. Si un joueur veut du 100 % humain, il l’a, du croquis jusqu’à la cinématique.
La polémique a-t-elle modifié votre pratique ?
Mathieu* : Oui, dans la manière de présenter notre travail.
On communique davantage sur la façon dont on utilise (ou pas) ces outils.
Les réseaux sociaux nous obligent à être clairs et accessibles, pour que notre communauté sente qu’on partage la même passion de l’authentique.
Pensez-vous que ce débat va changer la relation entre studios et joueurs ?
Mathieu* : Peut-être que ça va pousser l’industrie à mettre des limites claires autour de l’IA, à dialoguer plus franchement avec les joueurs.
Chez Larian, on veut rester sincères.
Ce lien de confiance, il se construit acte après acte, jeu après jeu.
Face aux inquiétudes croissantes sur l’usage de l’intelligence artificielle dans les jeux vidéo, découvrez si l’IA générative promise ou piégée ? 36 % l’utilisent mais 52 % redoutent un impact toxique sur le jeu vidéo peut réellement menacer la créativité humaine.
À l’instar de Dan Houser, qui a récemment comparé l’IA générative à une menace aussi imprévisible que la maladie de la vache folle, les créateurs de Baldur’s Gate 3 défendent la primauté du talent humain face à cette révolution technologique.
Dans une récente interview, le studio a clarifié sa position sur les outils numériques, comme évoqué dans un simple paragraphe sur l’IA et tout s’enflamme : Larian Studios face à la défiance des gamers.
Aujourd’hui, la technologie avance, les débats restent, mais l’essentiel n’a pas bougé : le jeu, c’est fait par des gens pour d’autres gens.
Jusqu’où iriez-vous pour protéger cette valeur ? Votre avis sur la place de l’IA dans le gaming compte pour nous : parlons-en ! Et si cette interview peut éclairer ceux qui doutent, partagez-la autour de vous la discussion ne fait que commencer.
*Les personnes interrogées ont souhaité conserver l’anonymat.




